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Flavien Asse :
exclusive interview 2005.
Histoire de famille
Identité ?
Asse Flavien, né le 14/01/1969 à Neuilly sur Seine
92.
À part Grégory, as-tu dautres frères
et surs ?
Oui, jai un autre frère Lucas 18 ans et une sur
Alexandra 29 ans.
Où as-tu grandi ?
De 0 à 16 ans à Paris, puis après je suis parti
à Toulon où mon père habitait et où
jai fait un sport étude tennis.
Te souviens-tu de ta première board ?
Oh que oui ! Cétait une Banzaï verte sans
tail, toute plate !
Avec ton père, tu baignes dans une culture foot. « LAnge
Vert » ou « Tom Foot », est-ce
que ça te fait rêver en 76 ?
En effet, mon père étant tombé dans le foot
depuis sa plus tendre enfance, je baigne dans cette culture foot,
je jouais au foot avec le maillot Manufrance de St Etienne (A.S.S.E !!),
avec mon frère et des potes à Rueil Malmaison (92)
chez mon père le week-end car la semaine, jhabitais
chez ma mère à Paris.
Comment arrive le skate dans la famille ? Est-ce que cest
ton père qui sy intéresse ou est-ce vous, les
frères ?
Cest mon oncle (Jean-Claude, le frère de mon père)
qui nous (mon frère et moi) offre nos premières planches,
des Banzaï ! Cétait exactement les mêmes,
une bleue pour Grégory laîné et une verte
pour moi. Je ne sais pas pourquoi mais je préférai
la bleue
On en faisait en famille avec mon frère et
mon cousin assis sur les skates et on se faisait de la descente.
Des vrais fous, ça bouffait les semelles des chaussures vitesse
« grand V » !
Te rappelles-tu comment ton père se retrouve être
le responsable de la marque « Santana » pour
la France ? Quelles étaient ses références
qui lamènent à soccuper de ça ?
Je crois que cest un client à lui (mon père
avait un magasin de sport à Paris) qui lui parle dune
personne cherchant à importer des USA sa marque de skate.
Il a rencontré le boss de Santana en France et il en est
devenu le diffuseur exclusif et le responsable France. Mis à
part le fait de baigner dans le sport et daimer les nouvelles
aventures, mon père navait pas de références
spéciales
Est-ce quil soccupe de laspect financier et
sportif ?
En effet il soccupait de tout, je crois quil aimait
ça. Mais tu sais, jétais gamin, tout ce côté
financier et même sportif ça me passait par-dessus
la tête. Moi je skatais et je rigolais à faire
le « ouf » sur une planche en plastique verte avec
les copains du quartier !
Est-ce quil abandonne ses autres activités pour
se consacrer à ça ?
Non pas du tout, il cumulait la gestion de sa boutique de sport
et de footballeur (entraîneur/joueur).
Santana est peut-être la marque américaine de skate
qui a le plus investie en France À ton avis, pourquoi ont-ils
fait autant defforts sur ce marché européen
?
A mon avis cétait tout nouveau, tout beau en France,
le marché était en plein essor et aux USA Santana
cétait un nom avec une structure, un team, des skateurs
de talents. Je regrette que ça ne soit pas Alva ou Gordon
and Smith qui soient venu frapper à la porte du magasin de
mon père car eux sont restés avec le succès
quon leur connaît
Mais à lépoque
cétait une chance inouïe dintégrer
un team américain !
Quel était le réseau de distribution de la marque
? Des shops spécialisés ? Est-ce que ça touchait
également la grande distribution ?
Pour le réseau de distribution, la grande distribution, les
shops spécialisés, je ne sais pas. Je pense que la
marque devait être vendue dans les magasins « La
Hutte Intersport » car sa boutique était un magasin
« La Hutte »
Cette marque était très présente dans les
revues, il y avait un gros effort de communication Les produits
étaient comment ?
Pour dire la vérité les produits nétaient
pas très bons. Mis à part quelques planches cétait
tout. Dailleurs pour les premières démos, les
skates étaient entièrement équipées
Santana, mais après jai vite trafiqué mes skates
pour ne garder que quelques planches voire même plus tard
quelques stickers Santana collés sur des planches dautres
marques
En plus des skates, ils avaient une gamme complète daccessoires
Les protections étaient assez particulières, étaient-elles
efficaces ?
Les protections étaient vachement bien pour moi car
comme jétais petit, elles avaient un multi usage :
les coudières servaient de genouillères qui elles
mêmes servaient « dépaulières »
pour les épreuves de descente.
Te rappelles-tu du Coup Topaloff et la pochette de
son 45 T où il était habillé Santana,
de la tête aux pieds Tavais assisté à
la séance photo ?
La photo, je ne men souviens pas trop. Par contre le passage
télé, je men souviens bien !
Comment ça sest passé ?
Cétait ma première fois sur un plateau télé,
jétais assez stressé. Daprès mon
frère pendant les répétitions, je métais
pris une super gamelle en tentant dépater la galerie.
Je me souviens aussi dun reportage dans le 19/20 h, quavait
fait France 3, sur moi. Mon père mavait dit « si
on te demande comment es-tu venu au skate, tu ne dis pas que cest
moi qui taies lancé » et la première
question que la gars ma posé cétait justement
celle-ci et je lui ai répondu naïvement « Cest
mon père qui ma poussé à en faire ! »
et mon père a été mort de rire
Il ma
pas mal propulsé car il voyait que jaimais ça
et quapparemment je me débrouillais assez bien. Il
avait même signé un deal avec un opticien pour de la
pub. Moi qui nai jamais porté de lunettes de ma vie,
je voyais ma tête sur les affiches dans Paris avec des lunettes
ça me faisait drôle
Tu fais une démo à Montreuil en avril 78 où
était présent le boss américain de Santana,
Oscar Sylican. Tu te souviens de lui ?
Je me souviens vaguement de lui, pour moi il navait pas la
tête dun américain, il était petit et
chauve, alors que les américains était pour moi tous
blonds et grands !
Cette démo en particulier je ne men souviens pas trop,
on en faisait pas mal. Jétais souvent absent des cours
à cause de ces fameuses démos (qui se faisaient principalement
le week-end quand même). Javais promis à la directrice
de mon école que je ferai une démo pour le spectacle
de fin dannée car elle râlait sur mes absences
à répétitions dues au skate !
Quel est le rider américain qui était le plus emblématique
de la marque Je me souviens dun chicano, Chuck Madrigal
qui faisait de la descente
Tu ten souviens ?
Pas du tout !
Est-ce quil y a eu une tournée de leur team américain en
France ?
Je me souviens de 3 skateurs du team américain qui étaient
venu en France mais pas pour une tournée. Juste dans lidée
de renforcer limage de la marque sur la France. Ils étaient
restés une semaine à Paris cétait pour
moi génial ! Ils avaient un look, une culture, ils parlaient
anglais, ça me fascinait ! On sétait éclaté,
en une semaine javais plus vite appris que depuis que je faisais
du skate, ils faisaient des nouveaux tricks de folie, ils ridaient
le snake de la Vilette comme personne ne le faisait à lépoque
(Béton hurlant nexistait pas encore). Mon père
nous trimballait tous dans la même voiture cétaient
vraiment fun !!!
Santana lance ce qui est peut-être le premier truck en
magnésium, en 1978 Tu las essayé ?
Les trucks en magnésium ? Super légers, mais
des vraies merdes ! Ils ne résistaient pas aux grinds
quon faisait. On samusait à mettre des pierres
à briquet sur les trucks pour faire des étincelles
quand on « grindait ».
Et ne parlons des roues
En terme daccessoires, ils nétaient
pas bons.
Est-ce que vous avez une rampe Santana Avec
quoi faîtes-vous les démonstrations ?
Oui, on avait une rampe Santana, on en a eu plusieurs même
car les ramps ont, elles aussi, rapidement évolué.
Les premières étaient assez basses, sans vraiment
beaucoup de verticale, puis après un peu plus verticale et
pour finir assez verticale avec un « coping »
mais vachement étroite. Dailleurs à la fin des
démos quon organisait, on faisait tester la ramp aux
jeunes qui assistaient à la démo, jai prêté
ma planche à un gars pour quil essaie, il sélance
en « fakie » se casse la gueule, la planche
part comme une fusée éjectée par le coping
et la verticale pour me retomber direct sur le crâne et memmener
en urgence à lhosto. Le dimanche soir, je suis rentré
chez ma mère avec un bandage sur la tête et encore
légèrement maculée de sang. Ma mère
chaque fois quelle ouvrait la porte le dimanche quand je rentrais
des week-end skate, javais une blessure quelque part, elle
en pouvait plus !!!
Je suppose que tu intègres le team « Santana »
assez naturellement.Est-ce que tu nas pas souffert dêtre
le « fils à papa » et dêtre
là pour des raisons pas seulement sportives
?
Ouais ça se fait facilement et pour cause ! Mais je
nai jamais souffert dêtre le pistonné,
jétais là avant tout pour mamuser et comme
ça se passait bien pour moi sur la planche, javais
pas de problème
Quel âge as-tu à ce moment-là ?
Je ne sais plus trop au tout début de laventure Santana
7/8 ans je crois, mais quand jai commencé à
faire du pipe époque Béton Hurlant 8/9 ans.
Qui a fait partie de ce team ?
Pas mal de personnes, je ne me souviens pas de tout le monde. Mon
frère Grégory qui a fait partie du début de
laventure Santana, son point fort cétait slalom.
Je me souviens bien de Thierry Dupin car avec lui jai fait
pas mal de démos. Ils nous arrivaient souvent de partir tous
les 2 faire des démos, jen garde un super souvenir.
Il était super doué, il mapprenait pas mal de
tricks et on sentendait super bien malgré notre différence
dâge. On sest bien marré
Il
y avait Nicole Boronat aussi avec qui je skatais pas mal, jai
surtout des souvenirs delle à Béton Hurlant.
Je me souviens des têtes, mais pas des prénoms. Il
y a pas mal de monde qui a défilé, je crois
Comment se termine laventure Santana ?
Je ne sais pas vraiment, je crois que vers la fin il ne restait
plus que Thierry, Nicole et moi. À vrai dire je ne sais pas
vraiment, je vais me renseigner
Les teams
Comment se fait le passage de « Santana »
à « Starboard » ?
Je crois que ça cest fait tout simplement, comme on
était tous potes, je mentendais bien avec les frères
Boiry , ils mont proposé de skater sous le même
maillot ! Je crois que cétait leur père
qui gérait aussi leur team, il mavait filé des
planches.
Te rappelles-tu de rivalités entre les teams à
cette époque ?
Je ne crois pas quil y avait de rivalité entre les
différents teams. A skater tous ensemble, on sapprenait
des trucs et puis on se marrait bien
Par contre, il y avait
une concurrence entre entre Alexis Lepesteur et José Dematos !
Mais bon jai surtout le souvenir dune bande de potes
qui découvre un sport et qui séclate !
Est-ce que ton père tas conseillé tout au
long de cette aventure, pour les contrats, les cachets Je
suppose que ce nétait pas toi qui toccupais de
ça à ton âge
Oui, il était vachement présent, cétait
un peu « mon agent ». À la fin du skate,
le roller arrivait, un mec contacte mon père pour que je
vienne faire une démo de roller dans son nouveau park, mon
père lui répond : « mais il fait du
skate, pas du roller ! », le gars lui répond
« mais il sera en faire du roller ? »,
il na jamais donné suite.
Chez Starboard, tu es le plus jeune ?
Oui je crois
Quoique le plus jeune des 2 frères Boiry
était assez jeune aussi !!
Tu fais les mêmes conneries queux ?
Des conneries de gamin, mais pas les conneries quon faisait
avec Zone 6
Pourquoi quittes-tu « Starboard » pour
« Zone 6 » ?
La raison, je ne sais pas vraiment, mais comme je ridais toujours
à Béton avec tout Zone 6 Alexis Lepesteur, Mannix,
Chocorêve, « la chèvre » et la
bande, ils ont dû parler de moi au boss
Comme on sentendait
bien et que je me débrouillais bien ça a dû
faciliter les choses
Lorsque tu es chez Zone 6, sur quel matériel rides-tu
Est-ce que cest la première fois que tu peux vraiment
choisir ton matos plus librement ?
Jai skaté sur une planche Kriptonics blanche (Alexis
avait la même mais plus large !) qui nétait
pas en bois mais conçue comme un ski avec un noyau mousse
envelloppé de fibre de verre et puis sur une planche Alva
que jadorais.
Est-ce quil y a un skater à qui tu veux ressembler
Un modèle ?
A lépoque cétait Stacy Peralta.
CONTINUES ON PART
2
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